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Quatre ans après avoir battu Jair Bolsonaro, Luiz Inácio Lula da Silva vient de remporter une nouvelle élection présidentielle face à son fils aîné, Flávio Bolsonaro. Le président brésilien, âgé de 80 ans, a renversé les résultats du premier tour pour obtenir un quatrième mandat, un événement sans précédent depuis le retour du pays à la démocratie. Cette victoire prolonge la présence de Lula au sommet de l’État, tout en confirmant le poids électoral du courant conservateur incarné par la famille Bolsonaro.
Le Brésil a choisi de reconduire Luiz Inácio Lula da Silva à sa présidence, dimanche 25 octobre 2026, au terme d’un second tour particulièrement serré. Avec 99,77 % des bureaux de vote dépouillés, le candidat du Parti des travailleurs (PT) recueillait 51,76 % des suffrages valides, contre 48,24 % pour Flávio Bolsonaro, représentant du Parti libéral (PL). Plus de 64 millions de Brésiliens ont voté pour Lula, lui donnant une avance supérieure à 4,3 millions de voix. Le Tribunal supérieur électoral a confirmé sa réélection avant la fin du dépouillement.
Un retournement électoral inédit
Le 4 octobre, les premières urnes avaient pourtant donné l’avantage à Flávio Bolsonaro. Le fils de l’ancien président avait obtenu 47,03 % des suffrages, contre 45,16 % pour Lula. Depuis le rétablissement de la démocratie, aucun candidat arrivé deuxième au premier tour n’avait réussi à renverser ce classement lors du scrutin décisif. Lula vient de mettre fin à cette particularité de l’histoire électorale brésilienne.
Entre les deux tours, le président sortant a intensifié sa campagne autour des programmes sociaux, du pouvoir d’achat et de la protection des travailleurs. Ses soutiens ont mobilisé les électeurs dans les quartiers populaires et les régions historiquement favorables au PT. Selon plusieurs instituts de sondage interrogés par Reuters, une participation supérieure aux attentes a contribué à son succès.
Cette mobilisation est intervenue dans un climat marqué par la hausse du coût de la vie, l’endettement des ménages et les critiques visant la gestion économique du gouvernement. Flávio Bolsonaro avait fait de ces préoccupations des arguments centraux de sa campagne, en défendant une orientation économique plus favorable aux entreprises et une politique sécuritaire plus ferme.
La journée électorale elle-même a connu un épisode inhabituel. À la suite de difficultés de transport et de perturbations liées aux intempéries dans plusieurs régions, la Cour suprême a décidé de prolonger le vote de deux heures. La décision a entraîné une suspension temporaire de la publication des résultats et des contestations politiques. Le dépouillement a ensuite repris, permettant au Tribunal supérieur électoral de confirmer le vainqueur.
Le bolsonarisme perd la présidence sans disparaître
L’élection de 2026 constitue le deuxième affrontement présidentiel consécutif remporté par Lula contre un membre de la famille Bolsonaro. En 2022, il avait battu Jair Bolsonaro, alors président sortant, avec 50,90 % des voix. Quatre ans plus tard, son adversaire porte le même nom, dans un contexte politique différent.
Jair Bolsonaro, condamné pour sa participation à une tentative de renversement de l’ordre démocratique après sa défaite de 2022, purge une peine de prison. Son fils Flávio a repris la direction électorale du mouvement familial. Son score, supérieur à 48 % au second tour, confirme l’existence d’un électorat conservateur considérable, notamment dans le Sud, le Centre-Ouest et plusieurs zones urbaines du pays.
Cette présence ne se limite pas à l’élection présidentielle. Les élections législatives ont également renforcé les formations de droite. Le Parti libéral et ses alliés disposent d’un poids parlementaire susceptible de compliquer l’adoption des réformes économiques et sociales du président réélu.
Lula conserve donc le pouvoir exécutif au terme d’un scrutin national favorable à sa candidature, tandis que ses opposants occupent une place importante au Congrès. La négociation parlementaire sera déterminante pour son prochain mandat.
Le quatrième mandat face aux contraintes économiques
Au cours de sa campagne, Lula a défendu les résultats sociaux de son gouvernement, particulièrement la réduction de la pauvreté, le recul du chômage et la protection des revenus modestes. Il a également mis en avant de nouvelles mesures sociales, notamment une augmentation des prestations de son programme phare de soutien aux familles et un projet de gratuité des transports publics durant les week-ends.
Le contexte budgétaire demeure exigeant. La dette publique brésilienne dépasse 82 % du produit intérieur brut, tandis que les prévisions gouvernementales situent la croissance économique de 2027 autour de 2,3 %. Les taux d’intérêt élevés, le coût du crédit et l’endettement des ménages compliquent la poursuite des engagements sociaux.
Le gouvernement devra aussi travailler avec un Congrès où les courants conservateurs sont fortement représentés. Des négociations seront nécessaires sur les dépenses publiques, la fiscalité, les politiques industrielles et les réformes du marché du travail. Le résultat de la présidentielle donne à Lula un nouveau mandat populaire, sans lui assurer une majorité parlementaire acquise à l’ensemble de son programme.
Une victoire suivie au-delà des frontières brésiliennes
Le résultat brésilien possède également une dimension diplomatique. Première puissance économique d’Amérique latine, membre des BRICS et acteur majeur des négociations climatiques, le Brésil occupe une position centrale dans les relations entre les économies émergentes et les grandes puissances.
Flávio Bolsonaro représentait une orientation politique proche du président américain Donald Trump. Lula défend une diplomatie fondée sur le multilatéralisme, la coopération entre pays du Sud et la préservation d’une autonomie de décision face aux grandes puissances.
Sa réélection maintient cette orientation à Brasília et prolonge la participation active du Brésil aux institutions internationales et aux initiatives de coopération économique entre pays émergents.
Pour Lula, ancien ouvrier métallurgiste devenu l’une des figures politiques les plus durables du continent, cette quatrième victoire présidentielle ajoute un chapitre exceptionnel à sa carrière. Il avait gouverné le pays de 2003 à 2010, avant de revenir au pouvoir en janvier 2023.
Le 25 octobre 2026, les électeurs lui ont accordé quatre années supplémentaires. Le prochain mandat s’ouvrira le 5 janvier 2027, avec une opposition parlementaire renforcée, des finances publiques sous pression et un pays partagé entre deux grandes orientations politiques. Lula a remporté la présidence face à deux générations de Bolsonaro. Sa nouvelle administration devra désormais transformer cette victoire électorale en décisions gouvernementales négociées avec un Congrès où ses adversaires conservent une influence majeure.
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