AFDC : Modeste Bahati Lukwebo, une page tournée, un avenir radieux à l’horizon pour le parti

Au peuple congolais, à toutes les Congolaises et à tous les Congolais, membres ou non de l’Alliance des Forces Démocratiques du Congo, je tiens à adresser des excuses sincères. Les événements récents ont exposé sur la place publique un spectacle que beaucoup, à juste titre, ont jugé indigne et honteux. Ce qui aurait dû relever d’un débat interne, structuré et responsable, s’est transformé en une confrontation visible, alimentant confusion, incompréhension et désillusion. Pour cela, nous devons faire preuve d’humilité et reconnaître que l’image projetée n’a pas été à la hauteur des attentes légitimes de notre peuple.

Cette situation interpelle profondément la responsabilité morale des cadres politiques que nous sommes. Un parti politique n’est pas seulement un instrument de conquête du pouvoir, il est aussi un espace d’exemplarité, de discipline et de respect des règles collectives. Il est important de le dire clairement : l’AFDC ne se résume pas aux dérives observées ces derniers jours. Bien au contraire, cette crise, aussi regrettable soit-elle, constitue un moment de clarification. Elle nous oblige à réaffirmer nos principes, à redéfinir nos pratiques et à restaurer le sens profond de notre engagement politique au service de la nation.

Une page qui se tourne… même quand certains s’accrochent encore au marque-page

Ces derniers jours, le grand public a été témoin d’une séquence décisive dans la vie de notre formation politique. La décision de relever Modeste Bahati Lukwebo de ses fonctions d’autorité morale n’est ni improvisée ni arbitraire. Elle procède d’un processus interne formel, acté lors de la réunion des cadres du mercredi 25 mars 2026. Cette décision s’inscrit dans le respect des textes et de l’esprit qui régissent notre parti. Dans le même mouvement, une transition a été mise en place, que j’ai l’honneur de conduire, avec pour objectif de préserver la stabilité, la cohésion et la crédibilité de l’AFDC-A.

Il est essentiel de rappeler que la démission de Modeste Bahati Lukwebo de la vice-présidence du Sénat constitue, en elle-même, un signal politique fort. Elle ne peut être interprétée autrement que comme une reconnaissance implicite des manquements qui lui sont reprochés, ainsi que des suspicions graves qui pèsent désormais sur sa personne et, par extension, sur son action publique. Dans toute démocratie fonctionnelle, on peut lire un tel acte comme s’inscrivant dans une logique de reddition de comptes, où la responsabilité individuelle prime sur la préservation des positions acquises et des privilèges qui y sont attachés. Cette voie n’était pas seulement institutionnelle, elle était aussi politiquement honorable.

Cette logique trouvait naturellement son prolongement au sein du parti. Ce geste aurait pu marquer le point de départ d’une transition maîtrisée, empreinte de lucidité et de sens de l’État. Il offrait l’opportunité de se retirer avec retenue, de laisser les institutions du parti suivre leur cours normal et de permettre un débat serein, encadré par les règles établies. Il ouvrait également la possibilité d’un repositionnement politique plus digne, fondé sur l’acceptation des mécanismes démocratiques internes.

Au lieu de s’inscrire dans cette continuité, le choix a été fait de la confrontation. Le contraste est saisissant entre l’acte posé au niveau du Sénat et l’attitude adoptée au sein du parti. Là où une démission pouvait traduire une reconnaissance de responsabilité, le refus de se soumettre aux mécanismes internes de l’AFDC-A donne le sentiment d’une volonté de dissocier sa responsabilité personnelle tout en en faisant porter le poids à la formation politique. Une question qui relevait du fonctionnement normal d’une organisation s’est ainsi transformée en une crise personnalisée, où l’intérêt collectif a été relégué au second plan.

En refusant de s’inscrire dans les procédures établies et en cherchant à imposer une lecture individuelle de la légitimité, Modeste Bahati Lukwebo entretient une confusion qui porte atteinte à l’image du parti. Cette posture contribue à lier le destin de l’AFDC-A à une trajectoire personnelle fragilisée, au lieu de préserver l’autonomie et la crédibilité de l’institution. Aucune organisation sérieuse ne peut prospérer durablement si ses règles internes sont contestées au gré des intérêts personnels.

L’AFDC-A n’est pas une propriété privée

Il convient de rejeter avec fermeté une expression qui s’est malheureusement installée dans le débat public, celle de « l’AFDC-A de Bahati Lukwebo ». Cette formulation est inexacte dans les faits et dangereuse dans son principe. L’Alliance des Forces Démocratiques du Congo et Alliés (AFDC-A) est une institution politique, construite par des femmes et des hommes engagés autour d’une vision commune. Elle ne saurait être assimilée à une personne, quelle que soit sa contribution passée. Sa légitimité repose sur son caractère collectif, sur la diversité des idées qui s’y expriment et sur la richesse des profils qui la composent.

L’AFDC-A est, depuis sa création, un véritable creuset politique. Elle rassemble des intellectuels, des cadres, des militants venus d’horizons variés, unis par une même ambition pour le pays. Ce qui fait sa force n’est pas l’uniformité, mais la convergence autour d’un projet politique, social et économique partagé. Ce projet dépasse les individus et s’inscrit dans une trajectoire historique fondée sur des valeurs de responsabilité, de justice et de participation démocratique. C’est cette identité collective qui doit être préservée et renforcée.

Avec le temps, et à la faveur d’un usage prolongé du pouvoir interne, une dérive s’est installée. La frontière entre leadership et appropriation a été progressivement brouillée. La confiance accordée par les cadres et les militants a parfois été interprétée comme un blanc-seing, ouvrant la voie à des pratiques contestables. Les actes de népotisme, notamment en ce qui concerne l’intégration de membres de la famille dans les quotas du parti, ne peuvent être ignorées. Elles traduisent une confusion préoccupante entre gestion politique et intérêts privés, confusion à laquelle il est aujourd’hui nécessaire de mettre un terme clair.

Une nouvelle page s’ouvre

Une nouvelle étape s’ouvre désormais pour l’AFDC-A. Elle doit être abordée avec lucidité, mais aussi avec confiance. Le congrès du parti constitue l’instance souveraine appelée à trancher, à réorganiser et à projeter notre formation vers l’avenir. C’est dans ce cadre, et dans ce cadre uniquement, que les décisions fondamentales doivent être prises. Nous nous engageons à organiser ce congrès dans les règles de l’art, avec transparence, inclusivité et respect des textes, afin de restaurer pleinement la légitimité de nos institutions internes.

Dans cette perspective, il est nécessaire de clarifier les positions. Modeste Bahati Lukwebo est aujourd’hui un membre du parti, au même titre que les autres. Cette réalité institutionnelle appelle à l’apaisement et à la responsabilité. Il ne s’agit ni d’exclusion ni d’effacement, mais d’un retour à l’ordre normal des choses. Il lui est pleinement possible de participer au congrès, d’y faire valoir ses arguments et de solliciter à nouveau la confiance des militants, dans le respect des règles établies.

Le tumulte médiatique observé ces derniers jours ne sert ni le parti ni la cause que nous prétendons défendre. Les déclarations intempestives, les surenchères et les postures publiques contribuent à brouiller le message et à fragiliser notre image collective. Cette dynamique détourne l’attention des véritables enjeux. Il devient urgent de sortir de cette logique de confrontation médiatisée et de recentrer le débat là où il doit se tenir, au sein des instances du parti, dans un esprit de responsabilité et de rigueur.

Ce moment intervient dans un contexte politique national marqué par des attentes élevées et des défis majeurs. Au sein de l’Union sacrée, l’AFDC-A n’est plus appelée à jouer un rôle d’appoint. Elle est en train d’assumer une responsabilité plus centrale dans l’accompagnement de la vision portée au sommet de l’État. Cette évolution exige davantage qu’une simple présence institutionnelle. Elle appelle une contribution intellectuelle, programmatique et stratégique. Le congrès à venir devra précisément permettre de structurer cette ambition et de définir clairement la place et le rôle de notre parti dans cette nouvelle phase de la vie politique nationale.

Je prends acte, Coordonnateur assurant l’intérim du parti

La période que traverse l’AFDC-A ne saurait être appréhendée à travers le seul prisme d’une crise interne. Elle s’inscrit dans une conjoncture nationale plus large, caractérisée par une reconfiguration des responsabilités politiques, sociales et économiques sous l’impulsion de la vision stratégique portée au sommet de l’État. Cette inflexion appelle les partis à dépasser les logiques de positionnement pour entrer dans une logique de contribution substantielle. Elle exige une élévation du débat, une structuration de la pensée politique et une capacité à articuler des réponses concrètes aux enjeux sociaux et économiques du pays. L’enjeu n’est plus simplement d’occuper l’espace institutionnel, mais de participer activement à la construction d’un projet national cohérent, ancré dans les réalités et orienté vers la transformation durable.

Dans cette dynamique, l’AFDC-A s’inscrit résolument dans une phase de refondation. Le congrès à venir constituera bien davantage qu’un moment de régulation interne. Il devra être le lieu d’une clarification doctrinale, d’une consolidation organisationnelle et d’une projection stratégique. Il s’agira de mobiliser les intelligences, de structurer une offre politique crédible et de définir une contribution claire aux défis économiques et sociaux auxquels la nation est confrontée. C’est dans cette capacité à transformer une séquence critique en opportunité de recomposition que le parti pourra affirmer sa maturité, renforcer sa légitimité et inscrire son action dans une trajectoire durable au service de la République.

Otto Bahizi

Coordonnateur du comité de crise de l’AFDC-A

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