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Suisse : Un milliardaire envoyé en prison pour corruption en Guinée

En janvier, le magnat israélien Beny  Steinmetz a été condamné à cinq ans de prison pour corruption et ordonné à payer une amende de 50 millions de francs suisses (56 millions de dollars EU).

Dans un verdict historique qui devrait donner lieu à une onde de choc dans l’industrie minière mondiale, un tribunal pénal suisse a déclaré Steinmetz, 64 ans, et deux collègues coupables d’avoir soudoyé des fonctionnaires pour obtenir l’accès à des droits miniers lucratifs en Guinée dans les années 2000.

Les procureurs ont accusé Steinmetz d’être le cerveau d’un « pacte de corruption » avec l’ancien président Lansana Conté  et son ex-femme,  Mamadie  Touré, pour avoir accès aux gisements de minerai de fer les plus riches du monde dans la chaîne de montagnes reculée de Simandou  en Guinée.

L’affaire reposait sur des pots-de-vin versés à Touré, qui, selon les procureurs, était la « quatrième épouse du président Conté et une personne très influente » qui était « directement et personnellement impliquée dans le projet guinéen BSGR ».

Steinmetz et deux associés affiliés à la société minière BSG Resources (BSGR) ont été accusés d’avoir versé environ 10 millions de dollars de pots-de-vin à Touré par l’intermédiaire d’un réseau de sociétés-coquilles et d’avoir forger des documents pour le couvrir. 

Le procès s’est déroulé en Suisse parce que Steinmetz a vécu à Genève jusqu’en 2016. Certains des pots-de-vin ont été achemés par le biais de comptes suisses, selon les procureurs.  

Le milliardaire a été aussi condamné par contumace en décembre à cinq ans de prison par un tribunal roumain dans une affaire de corruption d’agents publics. 

Le géant minier brésilien Vale S.A., ex-partenaire de BSGR en Guinée, a lancé en 2014 son propre arbitrage contre BSGR. Un tribunal anglais a estimé en 2019 que BSGR avait fait des déclarations frauduleuses et ordonné à BSGR de verser à Vale plus de 2 milliards de dollars.

Steinmetz, dont Bloomberg estimait la fortune à près de 9 milliards de dollars, a fait l’objet en 2019 d’un gel mondial après qu’une plainte distincte contre lui en Angleterre.

Le procès a mis en lumière la lutte pour le contrôle des ressources minérales très prisées de l’Afrique, où les pratiques commerciales sans scrupules peuvent souvent passer inaperçues. 

Le scandale minier guinéen illustre la facilité avec laquelle les chefs d’état africains peuvent vendre le trésor de leur nation.

NBSInfos

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