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Décodage : Le PIB, un indicateur contesté de l’activité économique

Le PIB est une mesure de la production d’une économie. Cette mesure est basée sur un système d’informations performant qui donne une vision juste de l’état d’une économie. Il faut présenter cet indicateur, tout en insistant sur ses limites.

Lors de la Grande Dépression des années 1930, les responsables politiques et économiques ont réalisé qu’ils n’avaient aucune mesure de l’activité économique et de son évolution. On a compris l’ampleur de la dépression plusieurs années après son déclenchement, avec la hausse très forte du taux de chômage, notamment aux Etats-Unis. 

Après la Seconde Guerre mondiale, tous les pays développés ont mis en place des systèmes d’informations sur le niveau de la production.

A quoi sert le PIB ?

Le PIB est utilisé pour piloter l’économie. Il existe un décalage de 3 ans  entre les évaluations préliminaires et les estimations définitives. Cet écart peut donner des erreurs dans la mesure de l’activité économique et introduire des biais dans la mesure des résultats des politiques économiques mises en place.

A l’origine, le PIB a été mis en place pour pouvoir piloter un appareil productif en temps de guerre ou de reconstruction. Aujourd’hui, mesurer le PIB permet de  comparer les performances de différents pays entre eux.

Les limites du PIB dans la comparaison

Pourquoi un PIB plus élevé serait « mieux » ? Il existe deux principales limites :

  • Le PIB ne prend pas en compte les différences de conditions de production. L’économiste insiste sur l’effet de nécessité. En effet, deux pays peuvent avoir le niveau de confort équivalent mais avec des PIB différents.
  • La comparaison des niveaux de PIB ne permet pas de comparer des niveaux de satisfaction puisque la notion de niveau de satisfaction reste subjective et diffère selon les pays, les cultures ou encore les régions.
  • Finalement, le PIB ne donne que des éléments quantitatifs qui ne sont pas toujours pertinents pour analyser des niveaux de bien-être.

Quelles sont les limites du PIB pour évaluer les productions ?

Pour construire un PIB, il faut des prix. Pour le moment, on utilise les prix du marché.Cependant, on ne dispose pas de prix de marché pour le secteur non marchand. On calcule alors la contribution du secteur non marchand au PIB à partir des coûts de production.

Mais cette mesure ne prend pas en compte la qualité du service rendu. Pour le secteur marchand, on peut envisager que tous les marchés sont « en échec » que les prix résultent de la manipulation, d’un rapport de force ou d’un monopole. Les prix du marché sont donc biaisés, notamment à cause d’un phénomène de « rentes ».

Une augmentation de la valeur créée, puisqu’elle prend en compte toutes ces rentes, ne peut pas être considérée comme un bon indicateur de l’augmentation du bien-être des individus.

Comment prendre en compte les inégalités ?

Une correction possible des inégalités consisterait à ne pas prendre en compte les revenus des 1 % des individus les plus riches. Aux Etats-Unis, cela revient à éliminer les personnes qui gagnent chacune plus d’un million de dollars. En effet, on peut légitimement considérer que ces revenus sont de la rente.

Une étude menée aux Etats-Unis démontre que la moitié de la croissance américaine est due aux individus les plus riches.

Cette correction des inégalités donnerait une mesure beaucoup plus juste de l’activité économique.

Comment prendre en compte le développement durable ?

Le PIB n’est pas une mesure exacte de l’activité économique. Certaines activités économiques créent des dommages non intégrés dans le calcul du PIB. Par exemple, les émissions de carbone ont un coût pour les générations futures : elles modifient l’équilibre climatique, elles dégradent l’environnement.

Comment évaluer ces dommages ? Que devront supporter les générations futures des conséquences des activités de production des entreprises d’aujourd’hui ?

 « La question de Copenhague » qui pose l’arbitrage entre les urgences présentes et les inquiétudes futures : il faut s’occuper des générations futures mais beaucoup meurent de faim aujourd’hui.

Si nous sommes capables de donner une valeur à la dégradation de l’environnement, nous pourrons alors modifier les comportements de consommation et peut-être développer l’esprit de responsabilité vis-à-vis des générations futures.

NBSInfos.com

roi makoko

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