COVID – 19

France : Nouveau plan pour sauver les entreprises françaises

Le pays ressuscite un instrument financier introduit en 1978. D’autres gouvernements du continent veillent.

Le gouvernement d’Emmanuel Macron creuse profondément dans sa boîte à outils politique pour trouver des moyens de ramener l’économie à la normale et de remplir l’engagement du président de soutenir les entreprises et les travailleurs,  » quel qu’en soit le coût « .

Un plan en cours d’élaboration à Paris déploierait des garanties de l’Etat pour l’aide de 20 milliards d’euros (24 milliards de dollars) de prêts dits participatifs.

Les instruments, conçus en France dans les années 1970 mais jamais utilisés à une si grande échelle, offriraient aux investisseurs un mélange de fonds propres et de dette. Ils sont semblables aux capitaux propres en ce qu’ils sont subordonnés à toutes les autres dettes et viennent souvent avec une part des bénéfices. Mais, comme les prêts, ils ont un taux d’intérêt fixe et n’offrent pas de droit de vote au créancier.

Le ministre des Finances Bruno Le Maire souhaite que les prêts aient une durée d’au moins huit ans et jusqu’à  une décennie pour certains projets, les remboursements commençant au bout de quatre ans. Les fonctionnaires s’attendent à annoncer les derniers détails dans la première semaine de Mars.

Plusieurs pays de l’Union européenne ont contacté le Trésor national du Français pour en savoir plus sur le plan, et la Commission européenne, qui a envisagé de déployer un instrument de soutien à la solvabilité lors des négociations tortueuses de l’été dernier sur le fonds de relance de l’Union, est également intéressée, selon un fonctionnaire de Français qui n’a pas pu être nommé car elle n’est pas autorisée à parler des délibérations. L’Espagne envisage une proposition similaire.

Le ministère français des Finances envisage également d’assouplir les conditions de 132 milliards d’euros de prêts garantis par l’Etat existants et a déclaré qu’il pourrait même envisager de convertir une partie des prêts en subventions.

Ces efforts répondent aux inquiétudes concernant l’approche du bord de la falaise pour les entreprises. À mesure que les vaccinations augmentent et que la pandémie diminue, la pression s’intensifie sur les gouvernements pour qu’ils remplacent le soutien aveugle aux entreprises par des mesures plus ciblées.

Pourtant, des institutions telles que la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international ont averti à plusieurs reprises que la fin trop tôt de l’aide bloquerait la reprise.

C’est une préoccupation très réelle en France, où la dette des entreprises a bondi plus rapidement que dans les autres économies européennes pendant la crise. Un retrait trop rapide du soutien gouvernemental pourrait déclencher une vague de défauts de paiement, gonfler les rangs des chômeurs et peut-être engloutir les banques faibles. Les entreprises qui ont réussi à survivre pourraient être trop accablées par la dette pour investir et croître.

Les Français efforts déployés pour surmonter ces risques. Il s’agit  toutefois d’un équilibre délicat : soutenir les entreprises qui seraient autrement condamnées dans le monde post-pandémique risque de détourner les ressources des bénéficiaires plus productifs, de retarder le potentiel économique et de gaspiller des fonds publics.

La Banque de France estime que jusqu’à 6% des prêts garantis par l’Etat pourraient mal tourner. Une enquête récente de la CPME, un groupe de l’industrie qui représente les petites et moyennes entreprises, a révélé que 45 % des entreprises qui ont pris l’un des prêts pourraient ne pas être en mesure de rembourser les fonds.

« Le moment de vérité approche à grands pas, car les prêts accordés il y a près d’un an doivent être renouvelés, prolongés ou restructurés », explique Jean Pisani-Ferry, économiste de Français et senior fellow chez Bruegel, un groupe de réflexion à Bruxelles, et au Peterson Institute for International Economics à Washington.

Des prêts participatifs ont été ajoutés à l’arsenal d’instruments financiers français dans le cadre d’une loi de 1978 visant à canaliser l’épargne des ménages vers les entreprises, mais qui a été largement hors d’usage dans les années 1990. Ils ont fait un retour à plus petite échelle à la suite de la crise financière mondiale par le biais d’un programme gouvernemental visant à aider les petites entreprises.

Le nouveau plan permettrait aux prêteurs privés d’offrir les prêts aux entreprises. Les banques conserveraient une petite partie de chaque prêt sur leurs livres tout en transférant le reste à un fonds dédié financé par des investisseurs institutionnels et soutenu par une garantie de l’Etat jusqu’à 35%.

Le déploiement du programme mettra à l’épreuve la capacité du secteur bancaire traditionnel, qui n’est pas habitué à distribuer ces produits aux petites entreprises. « Il doit être aussi efficace que les prêts garantis par l’État et obligera les banques à mobiliser leurs spécialistes du capital-investissement », affirme le président de la CPME, François Asselin, qui a eu son mot à dire dans la conception du programme.

Il existe également une incertitude quant à la façon dont les prêts participatifs seront reflétés dans les cotes de crédit , d’un point de vue  juridique, ils sont assimilés au capital, mais les règles comptables les considèrent comme de la dette.

Le plan doit être approuvé par la Commission européenne, qui supervise les règles sur les aides d’État. Le Français de l’entreprise affirme que Paris est « très confiant » qu’il recevra ce soutien.

« La France fait quelque chose d’un peu innovant; ils le font d’une manière Français sur-conçue », explique Ludovic  Subran,économiste en chef chez Allianz SE, l’une des plus grandes sociétés d’assurance et de gestion d’actifs au monde. « Mais le risque de ne pas le faire est une énorme vague de défauts de paiement dans la dette covid-19. »

William Horobin Blooberg.com (Traduit en Français par Jay Cliff)

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