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RDC : S’ils ont le courage d’essayer de kidnapper un diplomate étranger, qu’en est-il des Congolais ordinaires ?

L’ambassadeur d’Italie en République Démocratique du Congo a été tué dans l’attaque contre un convoi de l’ONU dans le Park Virunga, lundi matin. L’incident tragique qu’on dire que cela semble être une tentative de kidnapping qui a mal tourné, éclipse la suite de l’antagonisme mortel et à somme nulle entre Hutus et Tutsi au Rwanda, qui s’est invité en RDC. Au-delà de coûter la vie à environ 6 millions d’innocentes, cela a créé un écosystème toxique et des notions commerciales perverses, y compris des enlèvements contre rançon.

Mes souvenirs d’enfance de vacances dans les années 80 avec mes cousins ​​dans la ferme de mes grands-parents à Ntamuhanga, Rutshuru, pourraient faire saliver un écologiste toute sa vie. Une fois un petit matin, nous avons été réveillés, mis dans une voiture et conduits au parc des Virunga. S’y rendre avant l’aube était essentiel pour avoir la chance d’apercevoir certaines des bêtes sauvages errant dans le parc. Nous avons rencontré l’un des rares gardes du parc, légèrement armé, qui nous a avertis du plus grand danger à l’époque ; transporter des bananes dans la voiture.

En décembre 2018, j’ai décidé de prendre le bus de Butembo à Goma pour traverser le parc des Virunga et me faire une idée des défis actuels dans cette partie du monde. Après avoir passé la nuit à Kanyaboyanga pour que tous les bus forment un convoi, la longue traversé a commencé sous escorte deux jeeps lourdement armées. N’est pas s’y rendre avant l’aube était essentiel pour ne pas avoir le malheur de trébucher sur certains groupes armés et gangs errant dans le parc. Aussitôt arrivé dans le parc, un jeune homme assis à côté de moi pâlit. J’ai appris qu’il avait été kidnappé une fois lors du même genre de voyage. Pourquoi prenait-il encore ce risque ? eh bien, a-t-il expliqué, étant qu’il n’est pas connecté dans le « système » pour une perspective d’emploi, il doit régulièrement faire la navette entre Kasindi et Goma pour subvenir aux besoins de sa famille. Pendant qu’il me révélait sa triste réalité, les autres passagers sortaient leurs bibles et ont commencé à chanter des louanges au Seigneur.

La toile de fond du puzzle

Ce qui était autrefois la peur des singes sautant devant une voiture est maintenant devenu la terrible peur d’être pris en embuscade, forcés de marcher un long trajet dans la brousse et battus pour passer l’appel téléphonique auquel toutes les familles de cette partie du monde s’attendent au moins une fois à recevoir. Dans la plupart des cas, les proches des otages n’informent pas la police ou d’autres autorités de l’enlèvement parce qu’ils seront confrontés à une extorsion supplémentaire de la police pour toute assistance fournie.

La grande majorité des cas des enlèvements contre rançon dans l’est du pays se trouvent dans le territoire de Rutshuru, dans la province du Nord-Kivu. Il n’est pas surprenant que des otages soient tués ou abattus lors d’une tentative d’enlèvement. Presque tous les otages sont libérés après que les parents ou les employeurs ont payé une rançon. Toutefois, les ravisseurs ciblent également les travailleurs humanitaires nationaux et internationaux et les agents contractuels travaillant pour les Nations Unies. Ils sont ensuite libérés et aucune information ne soit rendue publique sur le paiement des rançons. Pas pour les blâmer, mais eux aussi nourrissent ce monstre.

Dire que les assaillants étaient du FLDR parce qu’ils étaient censés converser en « kinyarwanda », c’est inviter un autre vice dans l’affaire. Peu importe qui il pourrait être un membre du FLDR était assez pressé parce que nous avons peut être aider les vrais coupables à s’en tirer avec un crime aussi horrible. Pour les gens qui n’ont aucune idée de l’Est, Rutshuru est le bastion des Hutus congolais. Le kihutu est une langue bantoue parlée dans la région et appelée sous une autre forme dans d’autre pays comme la Tanzanie, le Burundi, le Rwanda et l’Ouganda. Et pour opérer à Rutshuru, on peut être un Mongala, une tribu de l’ouest, qui doit parler Kihutu. C’est deviner un auteur de crime basé sur à Kisantu, à l’Ouest, étant un Mukongo par le fait que le criminel aurait chahuté quelques mots en Kikongo alors que la personne pourrait être un Shi, de l’Est, qui passé du temps à l’internat à Kisantu ou un Angolais Mukongo. Nous devons éviter de tomber dans le même piège émotionnel.

La nouvelle tentative de virage a échoué

En 2019, Le Conseil de sécurité avait dit repenser son approche de la RD Congo sur le mandat de la mission de maintien de la paix de l’ONU. Au lieu de se concentrer sur la menace physique, sociale et économique pour les civils congolais, le conseil donna la priorité au renforcement des efforts du président Tshisekedi pour améliorer les relations régionales mais depuis les chefs de l’état sont restés très méfiants les uns envers les autres, mais utilisent de fois ces interactions pour dissimuler une interférence militaire accrue en RDC. Par ce fait, le gouvernement congolais tout comme l’ONU continue à militariser la paix, qui est un oxymore,

L’incident de lundi fait partie des signes que l’approche du gouvernement congolais et l’ONU pour atténuer l’instabilité interne en RDC ou disons parvenir à mettre fin au cauchemar des congolais, ne fonctionnent pas. Les soldats de la paix de l’ONU ne donnent plus même un faux sentiment de sécurité.

On doit s’attendre une vague des appels plus frénétique que jamais aux autorités congolaises pour non seulement traduire les responsables en justice dans le cadre d’un procès équitable, mais aussi découvrir et agir contre tout le monde impliqué. Mais c’est plus facile de trouver qui n’est de loin ou de près compromis dans un espace dans lequel on retrouve des anciens et actuels membres de groupes armés qui sont de fois ou la fois des combattants patriotiques, des traites pathétiques, des mécènes arrogants, des prédateurs économiques et le plus souvent des acteurs politiques.

Combien de visées d’innovation tels que des coentreprises de recherche et développement université-entreprise et des microcrédits à de jeunes entrepreneurs congolais ou des programmes sociaux comme la restauration scolaire avec des produits locaux que l’ONU aurait pu financer avec les milliards de dollars dépensés chaque année pour le maintien de ses bottes en RDC ?

Dans la consolidation de la paix, le droit de vote, la construction d’institutions démocratiques et un État de droit sont jusque-là les priorités pour l’ONU et le président Tshisekedi. Rétablir la sécurité sociale et économique en RDC déboulonné en plusieurs épisodes débutant par l’entrée de l’AFDL, dont les Congolais se sont rendu compte n’était pas une révolution, par l’assassinat des acteurs sociaux et économiques surtout à l’Est, est largement négligée. C’est une erreur qui doit être impérativement corrigée. Autrement dit, tant que créer un cadre pour accroitre la sécurité sociale et économique ne sera pas la majeure priorité, surtout pour les jeunes, une grande partie du puzzle restera manquante dans tous les schémas. Sans cela, il ne sera pas possible de consolider la paix à l’Est tout comme au Nord, Sud et Ouest de la RDC.

Jo M. Sekimonyo

Auteur, économiste politique et philosophe

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