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RDC : est-ce une économie planifiée, une économie de marché ou sans boussole ?

Théoriquement, l’économie planifiée s’oppose à l’économie de marché. Mais on ne peut pas concilier le discours politique et les visions sociales et économiques des régimes en RDC, l’un comme l’autre, et placer la RDC dans l’une de ces cases.

Une économie de marché est une organisation de la production dans laquelle les variables économiques fluctuent en fonction des forces du marché, autrement dit de l’offre et de la demande, avec une intervention minimale de l’État. On a coutume de dire que ce n’est pas un système idéal, mais que c’est le moins mauvais des systèmes.

Les sociétés ont organisé de plusieurs façons l’activité économique au cours de l’histoire. L’économie de marché est l’une d’entre elles, actuellement dominante dans le monde. Une autre forme d’organisation est l’économie planifiée.

Comment s’organise une économie de marché ?

Dans une économie de marché, les moyens de production sont détenus pour l’essentiel par des acteurs privés qui visent la maximisation du profit.

Les prix (c’est-à-dire aussi les salaires qui sont le prix du travail, le taux d’intérêt qui est le prix de l’argent et le taux de change qui est le prix d’une monnaie dans une autre), les quantités produites et l’allocation des facteurs de production sont déterminés en fonction de la recherche du profit des entreprises et individus en concurrence. Autrement dit, les prix fluctuent en fonction de l’offre et de la demande, et non pas en fonction d’une régulation étatique.

Dans une telle économie, l’État a cependant un rôle à jouer : il assure les fonctions régaliennes et fixe le cadre légal dans lequel s’effectue la concurrence.

Le rôle de l’État dans la vie économique varie selon les pays. Par exemple, dans les pays anglo-saxons de tradition plutôt libérale, l’intervention de l’État dans l’économie est limitée. Dans les pays d’Europe continentale, bien qu’il s’agisse d’économies de marché, l’État intervient plus largement dans l’économie, par exemple en réglementant plus étroitement le droit du travail ou en prenant des participations – parfois majoritaire – dans des entreprises considérées comme vitales pour le pays.

Par ailleurs, dans la plupart des économies de marché, il existe un secteur intermédiaire entre le secteur purement marchand et l’administration qui obéit à d’autres motivations que la recherche du profit, ce qui n’exclut pas une quête de l’efficacité.

Les avantages et inconvénients d’une économie de marché

Selon ses défenseurs, l’économie de marché est la forme d’organisation économique la plus efficace qui soit. Les individus et organisations sont incités à l’effort et à l’innovation pour maximiser leur bénéfices personnels. Il en résulte des gains de productivité bénéfiques à l’ensemble de l’économie.

Les défenseurs de l’économie de marché pointent aussi le fait que les formes d’organisation alternatives, plus encadrées et pilotées par la puissance publique se sont effondrées sous le poids de leur inefficacité (URSS) ou ne parviennent pas améliorer sensiblement le niveau de vie de la population (Cuba).

De plus, l’économie de marché renforce la liberté des individus en leur laissant le choix du travail qu’ils veulent occuper et de la manière dont ils souhaitent dépenser l’argent gagné.  

Cependant, une économie de marché pose certains problèmes. La concurrence exacerbée rejette les individus les plus vulnérables, les contraignant à la pauvreté ou à occuper des emplois très faiblement rémunérés. Ainsi, les pays tendant vers la forme d’économie de marché la plus aboutie, comme les États-Unis, cumulent une immense prospérité avec des poches de pauvreté et de larges inégalités.

Les entreprises recherchant leur seul profit, elles ne sont pas non plus incitées à se préoccuper des conséquences négatives de leurs actes (on parle en économie d’externalités négatives). Ainsi, sans régulation appropriée, une économie de marché risque de générer de la pollution ou le gaspillage des ressources naturelles.

Autre exemple de gaspillage possible directement lié à l’économie de marché : la publicité qui certes fait vivre une petite partie de l’économie (le secteur publicitaire au sens large) mais représente des dépenses improductives qui pourraient être mieux utilisées ailleurs. L’économie de marché ne permet pas toujours la meilleure allocation des ressources.

Par contre une économie planifiée est une organisation de la production dans laquelle l’État régule les variables économiques ainsi que les prix et « planifie » le volume de production. Elle s’oppose à l’économie de marché aujourd’hui dominante dans le monde.

Les sociétés ont organisé de plusieurs façons l’activité économique au cours de l’histoire. L’économie planifiée est l’une d’entre elles.

Comment s’organise une économie planifiée ?

Prenons l’exemple du transport ferroviaire, assuré en RDC par la Société nationale des chemins de fer du Congo. Il s’agit bien d’une production économique comme une autre et, à ce titre, comptabilisée dans le produit intérieur brut (PIB).

C’est pourtant l’État qui décide des constructions de voies, des lignes, des tarifs… Le transport ferroviaire français est une forme de planification économique en dépit de la récente libéralisation qui n’a pas vu à ce jour de concurrent ferroviaire proposer ses services.

Une économie planifiée est une économie dans laquelle toute la production est gérée comme l’est le transport ferroviaire en RDC. C’est l’État qui dirait, par exemple à un fabricant de pantalons : vous produirez tel modèle, de telle taille, tant d’unités que vous vendrez tel prix, vos salariés percevront une rémunération définie légalement… Sachant que tous les secteurs seraient gérés de la même façon, sans possibilité pour les consommateurs d’exprimer leurs besoins.

L’initiative des entrepreneurs est très limitée, voire inexistante si l’économie est planifiée dans son intégralité. Les moyens de production sont principalement détenus par l’État, en conséquence de quoi la propriété privée est très limitée.

Les avantages et inconvénients d’une économie planifiée

Selon ses défenseurs, l’économie planifiée permet une régulation fine de l’activité économique. L’État, par son contrôle, lisse les cycles économiques, évitant ainsi les surchauffes, les bulles et les crises. De plus, ce type d’organisation économique présente des avantages sociaux.

Il suffit à l’État, qui a le contrôle sur l’ensemble de l’économie, d’embaucher toute la population pour éviter le chômage. De plus, du fait d’une régulation étroite des salaires, des profits et de la propriété privée, les inégalités et la pauvreté sont réduites.

Cependant, une économie planifiée pose de nombreux problèmes. Elle est extrêmement coûteuse administrativement, l’État devant embaucher un grand nombre de fonctionnaires pour gérer l’ensemble de l’économie.

Ensuite, l’État peut faire des erreurs dans ses choix d’organisation, tout autant qu’un entrepreneur privé, et ses erreurs se répercutent alors sur l’ensemble de l’économie.

Enfin, et probablement le plus important, cette organisation freine la productivité et l’innovation. D’une part du fait de lourdeurs bureaucratiques, d’autre part d’une réallocation difficile des moyens de production. Surtout, les incitations à l’effort et à l’inventivité sont faibles. Les individus perçoivent un revenu fixe et n’ont pas intérêt à faire des efforts supplémentaires qui ne leur apporteront aucun supplément de revenu.

Pour ces différentes raisons, peu de pays ont aujourd’hui une économie planifiée. Depuis l’effondrement de l’URSS et la transition progressive de la Chine vers l’économie de marché, seules la Corée du Nord, Cuba ou la Biélorussie dans une certaine mesure ont une économie planifiée. 

NBSInfos.com

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