États-Unis : 17,6 millions de dollars liés à l’État congolais au cœur d’un scandale dans l’entourage de Trump

Une querelle financière entre deux personnalités proches de Donald Trump vient de prendre une dimension internationale. Selon une enquête du New York Times publiée le 17 octobre 2026, un virement de 17,6 millions de dollars provenant d’un compte bancaire affilié au gouvernement de la RDC a été effectué vers une entreprise américaine de sécurité et de défense.

Cette révélation soulève désormais des interrogations sur l’origine, la justification et l’utilisation de ces fonds.

Une dispute entre proches de Trump révèle une connexion congolaise

L’affaire oppose Alina Habba Mildon, ancienne avocate personnelle de Donald Trump, à Richard Grenell, ancien dirigeant du Kennedy Center et figure influente de l’administration américaine. Habba accuse Grenell de ne pas avoir transmis à cette institution culturelle une contribution de 5,6 millions de dollars que son époux, l’homme d’affaires turc Turhan Mildon, affirme avoir destinée à son financement.

Selon les informations publiées par Axios et le New York Times, le différend porte sur une opération financière de 17,6 millions de dollars réalisée en mai 2025 au profit de TX-AT, une entreprise texane spécialisée dans la sécurité et la défense. Grenell, qui avait précédemment travaillé comme consultant pour cette société, rejette catégoriquement les accusations. Donald Trump a demandé aux services juridiques de la Maison-Blanche d’examiner le dossier.

L’affaire a pris une tournure inattendue lorsque les vérifications ont fait apparaître l’origine congolaise du virement. Présentés initialement comme provenant de Turhan Mildon, les fonds auraient en réalité été transférés depuis un compte bancaire affilié au gouvernement de Kinshasa.

Turhan Mildon entretient des relations d’affaires importantes avec la RDC. Il affirme conseiller le président Félix Tshisekedi et détenir un passeport diplomatique congolais. Son entreprise Milvest a obtenu plusieurs marchés publics dans le pays, notamment dans le cadre de la construction du Centre financier de Kinshasa. Ces relations placent désormais les autorités congolaises au centre des interrogations entourant cette transaction.

Dix-sept millions de dollars dont Kinshasa doit expliquer la destination

La révélation du compte bancaire congolais déplace l’attention au-delà des accusations échangées à Washington. L’enjeu concerne désormais la nature du paiement et les responsabilités institutionnelles qui l’entourent. Quelle entité congolaise a ordonné le transfert ? Quel contrat justifiait le versement de 17,6 millions de dollars à une entreprise américaine de sécurité ? Quelle prestation devait être fournie en contrepartie ?

À ce stade, aucune information publique suffisamment précise ne permet d’établir la finalité exacte de l’opération. Le rattachement du compte au gouvernement congolais ne démontre pas, à lui seul, que les fonds provenaient directement du Trésor public. Les accusations dirigées contre Richard Grenell ne constituent pas non plus une preuve de détournement.

Cette distinction n’efface cependant pas la nécessité d’explications. La présence d’un homme d’affaires bénéficiant de contrats publics congolais, revendiquant un statut diplomatique et intervenant dans des transactions financières internationales impose de clarifier les rapports entre ses activités privées et les institutions de la RDC.

Sollicités par le New York Times, le ministère congolais des Affaires étrangères et l’entreprise TX-AT n’avaient pas fourni de réponse au moment de la publication de l’enquête.

L’affaire révèle ainsi deux problèmes distincts. Aux États-Unis, la Maison-Blanche cherche à déterminer si une contribution destinée au Kennedy Center a effectivement disparu. En RDC, la question fondamentale concerne l’origine juridique et économique des 17,6 millions de dollars et les raisons de leur transfert.

Une dispute entre proches de Donald Trump a suffi à faire apparaître une transaction financière liée à Kinshasa. Il appartient désormais aux autorités congolaises d’en expliquer publiquement la nature, la destination et la justification.

NBSInfos.com

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