Face aux secousses provoquées par les tensions au Moyen-Orient, le gouvernement congolais passe à l’offensive. À Kinshasa, la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, a opté, lundi 23 mars 2026, pour une stratégie mêlant flexibilité réglementaire et allègement fiscal afin de préserver le pouvoir d’achat et de sécuriser l’approvisionnement en carburant.
Au cœur de ce dispositif : une décision forte. La cheffe du gouvernement a instruit les ministres en charge de l’Économie, des Hydrocarbures et des Finances de prendre « toutes les dispositions d’usage afin de suspendre le principe de plafonnement du différentiel de transport pour une durée de 45 jours ». Mesure technique mais aux forts impacts, elle vise à desserrer temporairement l’étau sur les coûts logistiques dans un contexte de flambée des prix internationaux.
Un pari sur l’équilibre fiscal
L’exécutif congolais entend compenser cette suspension par une série d’ajustements ciblés. En ligne de mire : les prélèvements étatiques aux frontières. La suspension de certaines redevances et la réduction de taxes doivent permettre d’absorber une partie du choc et d’éviter une répercussion brutale sur les prix à la pompe.
Ce mécanisme hybride traduit une volonté claire : concilier impératifs du marché et protection sociale. En d’autres termes, accepter une dose de libéralisation tout en maintenant un filet de sécurité pour les consommateurs.
Sécuriser les flux, contenir les prix
Au-delà des ajustements fiscaux, les autorités congolaises misent sur une meilleure maîtrise de la chaîne d’approvisionnement. Les mesures annoncées visent notamment à garantir la fluidité des importations de carburant, en particulier via les corridors reliant le Kenya à l’Est du pays et la Tanzanie au Sud.
Le gouvernement entend également renforcer le contrôle des paramètres entrant dans la formation des prix, notamment le fret et les assurances, qui pèsent lourdement dans le calcul du prix moyen à la frontière (PMF). Objectif : éviter toute dérive spéculative dans un contexte de forte volatilité.
Une réponse dictée par l’urgence internationale
Ces décisions s’inscrivent dans le sillage des orientations du président Félix Antoine Tshisekedi, qui avait, lors du Conseil des ministres du 13 mars, alerté sur les risques liés à la dégradation du contexte géopolitique mondial.
« Même si notre économie demeure globalement résiliente, cette conjoncture exige vigilance, cohésion et réactivité. Il apparaît dès lors nécessaire que le Gouvernement adopte une approche anticipative et coordonnée afin d’atténuer les effets de ces chocs externes, de préserver la stabilité macroéconomique et de protéger le pouvoir d’achat de nos concitoyens », avait‑il déclaré.
Nbsinfos
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