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L’analyste en politique économique Jo M. Sekimonyo a réagi à la montée des tensions entre Kinshasa et Kigali depuis la résurgence des rebelles du Mouvement du 23 mars (M23) dans les territoires de Rutshuru et de Nyiragongo, au Nord-Kivu.
Alors que certains appellent le gouvernement congolais à déclarer la guerre au Rwanda, Jo M. Sekimonyo estime qu’une telle option ne constitue pas la réponse la plus efficace. Selon lui, « la plus grande crainte d’un dirigeant comme Paul Kagame n’est pas une guerre conventionnelle, mais une guerre économique susceptible d’affaiblir l’ensemble de son appareil productif ».
À ses yeux, la rupture des relations diplomatiques ne produirait qu’un effet essentiellement symbolique. Il plaide plutôt pour une offensive économique d’une ampleur inédite, susceptible, selon lui, de rappeler non seulement la République démocratique du Congo à ses responsabilités stratégiques, mais également de faire prendre conscience à l’économie mondiale de l’interdépendance entre les deux pays.
« Une mesure radicale consisterait à interdire à tout citoyen congolais ainsi qu’à toute entreprise enregistrée en République démocratique du Congo d’entretenir des relations commerciales avec des citoyens rwandais ou des sociétés immatriculées au Rwanda », préconise-t-il.
Jo M. Sekimonyo soutient qu’un pays enclavé et relativement pauvre comme le Rwanda, dont une partie du modèle économique demeure fortement dépendante de ses échanges avec la RDC, serait particulièrement vulnérable à une confrontation sur le terrain économique.
« Pour comprendre cette asymétrie, il suffit d’examiner les cinq principaux partenaires commerciaux du Rwanda ainsi que les principaux produits qu’il exporte, puis de comparer ces données avec celles de la RDC. L’analyse montre clairement que Kinshasa dispose d’un avantage considérable pour mener une offensive économique plutôt que d’engager davantage de vies humaines dans un conflit armé. Les Congolais devraient être considérés avant tout comme les principaux artisans du développement national », affirme-t-il.
L’analyste estime que, même si la RDC posséderait les moyens militaires de sortir victorieuse d’une confrontation classique, le coût humain d’une telle option serait disproportionné par rapport aux bénéfices attendus.
Pendant ce temps, les affrontements se poursuivent entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et les combattants du M23. Ces derniers continuent d’exiger le respect des accords conclus avec le gouvernement congolais, dans un contexte où la question de la souveraineté nationale demeure au cœur des préoccupations.
Sammy Kitha
Correspondant au Nord-Kivu
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