POLITIQUE

RDC – Présidentielle 2023 : Sekimonyo Mutabazi Jo, une candidature contre l’élite pour restaurer la dignité nationale

Le mercredi 20 septembre 2023, Sekimonyo Mutabazi Jo a officiellement déposé sa candidature à la Commission électorale nationale indépendante (CENI) pour l’élection présidentielle prévue en décembre de la même année.

Figure atypique et contre-élite assumée, il dénonce le vide politique et intellectuel qui traverse les programmes de ses adversaires. Sekimonyo regrette que des priorités fondamentales telles que l’augmentation du salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG), la création d’un écosystème économique favorisant l’autonomie des Congolais, le développement d’un entrepreneuriat local capable de générer des emplois décemment rémunérés, ou encore l’instauration d’un système de pension assurant une retraite digne, soient largement absentes du débat national.

Selon lui, ces fondations constituent les véritables leviers de l’émergence d’une nation libre, souveraine et prospère, capable de replacer le citoyen au cœur du développement plutôt que de le condamner à en être le spectateur.

Un “Menu” pour refonder la République

Dès son investiture à la magistrature suprême, Sekimonyo Mutabazi Jo entend mettre en œuvre son programme qu’il nomme « Menu », une feuille de route destinée à transformer la République en profondeur.

« Le changement ne peut advenir que si chacun d’entre nous s’implique et s’engage. La démocratie est un marché d’idées. Voici donc mon Menu en six points, pour enlever les épines à nos pieds avant le grand sprint social, politique et surtout économique », déclare-t-il, appelant à une révolution de conscience collective où chaque citoyen devient acteur du destin national.

Son projet s’articule autour de six axes fondateurs :

  1. Redéfinir ce qu’est être Congolais – Passer du jus sanguinis (droit du sang) au jus soli (droit du sol), c’est rompre avec l’héritage colonial pour refonder l’appartenance nationale sur la citoyenneté active et le mérite civique. Le Congo doit appartenir à ceux qui y vivent, y travaillent et y bâtissent son avenir, transformant la nationalité en un engagement volontaire envers la République, plutôt qu’en un simple héritage colonial.
  2. Redéfinir la valeur d’un Congolais en RDC – fixer le salaire minimum sur une base horaire plutôt que journalière, avec une révision annuelle obligatoire, afin de garantir une juste rémunération du travail. Moderniser le système éducatif pour renforcer la participation économique et technologique des Congolais. Établir enfin un plancher de pension garantissant une vie digne à toutes les personnes âgées de 65 ans et plus, afin que la vieillesse ne soit plus synonyme d’abandon mais de reconnaissance nationale.
  3. Redéfinir le pacte national – Redessiner les provinces et territoires selon des logiques économiques plutôt que culturelles n’est pas qu’un acte administratif : « c’est une refondation symbolique du pacte national. Il s’agit de bâtir un Congo où les frontières internes suivent la dynamique du développement et non les traces du sang, un pays où la diversité culturelle cesse d’être un instrument de méfiance pour devenir une source de complémentarité et de confiance, au service d’un projet collectif de prospérité ».
  4. Réinventer la forme de gouvernement – dopter un système présidentiel fort, garantir des élections directes à tous les niveaux et imposer la majorité absolue pour les scrutins présidentiels et provinciaux, tout en donnant au citoyen le pouvoir de révocation par référendum, afin que la légitimité du pouvoir reste entre les mains du peuple. Ainsi, le mandat ne sera plus un privilège octroyé, mais une mission conditionnelle que le peuple peut retirer lorsque la confiance est trahie.
  5. Refonder la politique étrangère – fonder les relations internationales sur les intérêts nationaux et non sur l’illusion d’une amitié entre nations, telle est la conviction de Sekimonyo. Selon lui, la diplomatie ne se nourrit pas de sentiments mais de stratégie : les alliances n’ont de valeur que dans la mesure où elles servent le développement et la souveraineté du Congo. « Une nation n’a pas d’amis, elle n’a que des intérêts », insiste-t-il, appelant à une politique étrangère lucide, indépendante et centrée sur la dignité du peuple congolais.
  6. Réorienter la politique économique – miser sur l’échelle et la solidarité nationale consiste à remettre le pays en mouvement par ses propres forces. Il ne s’agit plus de multiplier des projets de prestige comme les routes, les aéroports ou les ports maritimes, mais de revitaliser la Poste, relier le territoire par des chemins de fer construits par les Congolais et pour les Congolais, et instaurer une discrimination positive en faveur des citoyens congolais dans l’économie nationale. C’est ainsi que se construit une économie souveraine, enracinée dans le travail et la fierté du peuple.

Une vision monétaire et idéologique de rupture

Sekimonyo Mutabazi Jo estime que les nations les plus développées sont aussi les plus endettées, et que ces pays “trichent” en générant leurs dettes à l’interne, transformant ainsi l’endettement en moteur de prospérité plutôt qu’en fardeau. Pour que la RDC puisse, elle aussi, tirer parti de ce levier, il propose d’accroître la vélocité de la monnaie scripturale et de faire disparaître progressivement la monnaie fiduciaire, dans le cadre d’une modernisation profonde du système financier national. Selon lui, cette transition marquera le passage d’une économie de survie à une économie de souveraineté, où la création monétaire redeviendrait un instrument de développement plutôt qu’un signe de dépendance.

Appel à une révolution de conscience

Enfin, Jo M. Sekimonyo appelle les Congolais à « digérer son Menu », c’est-à-dire à s’approprier cette nouvelle vision politique et économique.
Il les invite à adopter une idéologie de dignité et d’émancipation, afin de mettre un terme à l’humiliation sociale, politique et économique qui pèse sur la nation depuis plus d’un siècle.

« Ce n’est pas le monde qu’il faut changer pour la RDC, c’est la RDC qu’il faut réveiller pour changer le monde. »

roi makoko

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