Analyses

RDC – ETAT DE DROIT : Réflexion succinte sur quelques abus et dysfonctionnement

Il est de fois difficile d’expliquer qu’Etat de droit est diffèrent d’Etat de vengeance, qu’Etat de Droit signifie primauté des lois sur toute autre considération.

La difficulté est telle que malheureusement c’est la crème de la société qui semble soutenir des positions aux antipodes des dispositions constitutionnelles et légales, bien triste que le débat en soit presque réduit aux accessoires au mépris de l’essentiel, les conséquences nous subjugues au point d’occulter les causes profondes ou substantielles des nombreux dysfonctionnements de la République Démocratique du Congo

Nous déplorons aujourd’hui les destitutions cavalières des Gouverneurs de province pour ceux qui ont encore le réflexe de rechercher ce que dit la constitution, ce que dit la loi. Le fanatisme ayant malheureusement pris le pas sur la raison, le bon sens et la réflexion, sur le savoir et le savoir-faire.

Ces dérives qui ne sont malheureusement que la conséquence d’un système mal ajusté, totalement inadéquat et à changer de fond en comble.

Ce changement justement que devrait incarner l’Etat de droit qui dans le contexte local ou national, peut être défini comme retour aux textes légaux, ou à tout le moins respect des textes.

Ma réflexion part du principe qu’il ne sert à rien de changer nos lois si de prime à bord nous ne respectons pas celles que nous avons, parce que nous devons réfléchir sur ce que nous voulons et avoir des lois adaptées non au confort des dirigeants comme cela a été malheureusement le cas ces dernières années mais des lois fixant le cadre de l’exercice d’un pouvoir manifestement en faveur du bien-être et du développement du citoyen et garantissant également sa sécurité.

Vociférer contre les conséquences ne nous avancera en rien.

Nous devons nous attaquer au fond du problème, aux causes et nous poser les bonnes questions.

J’ai suivi tout à l’heure un élément audio d’une Dame qui déplorait l’éviction cavalière de Zoe Kabila. Je déplore également cela même si quelque part les Congolais reprocheraient légitimement à cette dernière d’avoir été au cœur d’un système prédateur tendant à tuer, détruire définitivement la R.D.C.

Toutefois, nous devons élever le niveau de la réflexion pour mettre à l’abris la République de ces considérations partisanes et totalement égoïstes car ce pays appartient à nous tous, tant et si bien que nous avons tous droit au chapitre en tout cas les choses doivent être faites dans le sens d’assurer l’harmonie, la cohésion nationale.

Les questions que nous devons nous poser sont celles de l’adéquation des lois actuelles aux impératifs de développement et défis sécuritaires.

Des questions sur la géopolitique semblent aujourd’hui l’emporter sur l’objectivité car cette question souvent agitée par des groupuscules aux intérêts obscures occulte l’essentiel qui est simplement le respect des lois qui permet pour l’essentiel le développement.

Nous n’allons pas développer le pays en faisant plaisir aux supposées minorités (vision extrêmement subjective du peuplement du pays).

Nous développerons le pays en faisant appel aux compétences et à une bonne moralité et le genre d’hommes et de femmes compétents et intègres ils sont un peu partout au pays il suffit de vouloir les trouver.

Nous devons également savoir et c’est un principe que maitrise généralement les avocats à cause des nombreuses procédures auxquelles ils sont confrontés qu’on ne corrige pas une irrégularité par une autre irrégularité.

Nous devons rechercher ce qui rends la République Démocratique du Congo plus forte et non ce qui l’affaibli, ce qui nous rends forts c’est le respect de la constitution et de nos lois.

En perpétuant les pratiques que nous avons décriées, nous affaiblissons la République et c’est nous qui sommes perdants.

Je donne raison à cette Dame candidate Président de la République qui parlait de refondation de la R.D.C tant nous avons atteint les abysses de la médiocrité et que nous semblons malheureusement nous en accommoder.

Je crois finalement qu’au-delà des textes c’est toute nos mentalités que nous allons devoir remodeler.

Me. Paul Musasa Mudibu Ngoy

Avocat – Analyste politique

roi makoko

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