Processus de Doha : Le Rwanda active son plan B pour perpétuer son modèle proxy en RDC ( Tribune deAmbroise Mamba Ntambwe )

Une stratégie d’obstruction. Le Rwanda multiplie les manœuvres pour entraver l’application de l’accord de Washington. Après avoir exigé en priorité la neutralisation des FDLR avant tout retrait de ses troupes de la RDC, Kigali se tourne désormais vers le processus de Doha.

▪︎L’échec du plan A. La revendication du M23/AFC visant à administrer les Nord et Sud-Kivu pendant 8 ans s’inscrivait dans le plan initial du Rwanda. Face au tollé provoqué par cette exigence collaborationniste, Kigali a dû abandonner cette option au profit d’un plan B plus subtil.

▪︎Le plan B. Un dialogue national sous influence. Le Rwanda exige désormais un dialogue piloté par la CENCO-ECC, censé aboutir à des solutions « nationalistes » en apparence, mais servant en réalité ses intérêts. L’instrument diplomatique de ce plan ? Une résolution factice de la Chambre des représentants américaine, dont Moïse Katumbi a révélé les coulisses, avec une orientation intéressée.

▪︎ Comment le Rwanda compte réussir ce coup?

  1. L’orgueil des évêques de la CENCO-ECC qui sont convaincus de leur rôle incontournable. Ils pourraient, sans le vouloir, légitimer le modèle proxy du Rwanda.
  2. Le soutien qatari. Le Qatar, investi dans le raffinage de l’or et l’aviation au Rwanda, pèse en faveur de Kigali. Même les États-Unis auraient du mal à contrecarrer cette influence.

▪︎ L’activisme suspect de la CENCO-ECC. Les déplacements du cardinal Ambongo, de Mgr Fulgence Muteba à Goma, et les contacts de Nshole et Nsenga avec des politiques à Kinshasa ne sont pas innocents. La CENCO-ECC agit en solo, ignorant la recommandation du chef de l’État de collaborer avec son conseiller spécial en matière de sécurité.

Question clé: Comment expliquer ce rapprochement idéologique entre le Rwanda, le M23/AFC et la CENCO-ECC pour un dialogue national ?

Le vrai danger, c’est l’ignorance du modèle proxy rwandais

▪︎ Un risque majeur. Si Kinshasa sous-estime la mécanique du modèle proxy (infiltrations, ramifications institutionnelles), les conclusions de Doha pourraient enterrer l’accord de Washington et pérenniser l’influence du Rwanda.
▪︎ La solution pour Kinshasa, passe par une stratégie indirecte. Les négociateurs congolais doivent déjouer ce plan B en combinant pression, dialogue et contre-manœuvres diplomatiques.

Ce que Kinshasa doit faire

Pour vaincre le modèle proxy, le gouvernement congolais doit :

  1. Affaiblir les dépendances du proxy en obtenant des sanctions ciblées et l’embargo sur les flux d’armes et de financements.
  2. Exploiter les divergences internes. Profiter des tensions entre le M23 et Kigali.

En résumé, seule une approche combinant pression militaire, intelligence stratégique et diplomatie agile peut démanteler l’emprise rwandaise.

Donc, le Rwanda joue le tout pour le tout contre la mise en œuvre de l’accord de Washington.

Ambroise Mamba Ntambwe, Journaliste et chercheur en sciences politiques

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