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États-Unis : la fille de Bill Gates dans la tourmente, son entreprise Phia accusée de fraude aux commissions en ligne

La fille du milliardaire américain Bill Gates, Phoebe Gates, se retrouve au cœur d’une controverse concernant les pratiques commerciales de Phia, une entreprise technologique qu’elle a fondée avec Sophia Kianni.

Présentée comme une jeune pousse prometteuse du commerce électronique, la société est accusée d’avoir utilisé un système informatique lui permettant de percevoir des commissions sur des achats qu’elle n’avait pas contribué à générer. Des enquêtes publiées par Bloomberg en juillet et août 2026 révèlent que les deux fondatrices auraient eu connaissance de ces pratiques plusieurs mois avant leur découverte publique.

L’affaire prend une dimension particulière en raison de la notoriété familiale de Phoebe Gates, de la participation d’investisseurs prestigieux au financement de Phia et des conséquences financières observées après la désactivation des fonctionnalités contestées. Au-delà de la réputation de ses fondatrices, cette controverse soulève des interrogations sur la transparence des revenus dans l’économie numérique et la responsabilité des entreprises technologiques envers leurs partenaires commerciaux.

Une entreprise prometteuse rattrapée par ses pratiques commerciales

Fondée en 2025 par Phoebe Gates et Sophia Kianni, Phia s’est imposée dans l’univers des applications de comparaison des prix en ligne. Son ambition consiste à aider les consommateurs à trouver les meilleures offres disponibles sur Internet grâce à une application et à une extension de navigateur capables de rechercher des réductions et des codes promotionnels.

Son modèle économique repose notamment sur les commissions d’affiliation. Lorsqu’un consommateur utilise un service pour découvrir un produit et effectuer un achat, le commerçant peut reverser une commission à l’entreprise ayant facilité la transaction. Cette rémunération constitue une source importante de revenus pour les comparateurs de prix, les créateurs de contenus et de nombreuses plateformes commerciales.

Les investigations de Bloomberg ont cependant révélé un fonctionnement problématique du logiciel de Phia. Selon ces enquêtes, l’extension pouvait automatiquement ouvrir une page invisible dans le navigateur et insérer un identifiant d’affiliation au moment du paiement, même lorsque le consommateur n’avait pas utilisé Phia pour découvrir le produit ou obtenir une réduction.

Cette technique, connue sous le nom de cookie stuffing, permet à une plateforme de s’attribuer artificiellement une vente réalisée grâce à d’autres intermédiaires. Lorsqu’un consommateur effectue un achat après avoir consulté un autre site partenaire, l’insertion d’un nouveau cookie peut remplacer l’identifiant du véritable apporteur d’affaires. La commission revient alors à la plateforme ayant imposé son propre traceur.

Les révélations ont entraîné la suspension de Phia par Impact.com, une importante plateforme spécialisée dans les programmes d’affiliation. Cette décision a placé l’entreprise sous une pression accrue de ses partenaires commerciaux et des acteurs du secteur.

Des communications internes qui fragilisent la défense des fondatrices

La controverse a pris une nouvelle dimension lorsque Bloomberg a publié, en août 2026, une seconde enquête fondée notamment sur des messages internes échangés entre les responsables de Phia et les membres de son équipe technique. Lors des premières révélations de juillet, l’entreprise avait présenté les commissions incorrectement attribuées comme la conséquence d’un problème informatique récemment découvert. Phia affirmait alors avoir identifié et corrigé rapidement cette anomalie.

Les documents internes examinés par Bloomberg présentent une chronologie différente. Ils indiquent que Phoebe Gates et Sophia Kianni avaient connaissance de certaines fonctionnalités d’attribution automatique des commissions depuis décembre 2025, soit environ sept mois avant leur désactivation.

L’une des fonctionnalités identifiées dans le système informatique portait le nom de enable coupon auto drop. Elle permettait d’activer automatiquement le dépôt de cookies publicitaires sans intervention explicite du consommateur. Selon les informations rapportées, cette fonctionnalité était active depuis le 10 décembre 2025 et n’a été désactivée que le 7 juillet 2026, date à laquelle Bloomberg a sollicité l’entreprise pour obtenir des explications.

Les échanges internes examinés par les journalistes montrent également que les fondatrices avaient discuté du fonctionnement de ces mécanismes avec des développeurs et d’autres responsables de Phia. Ces éléments mettent en difficulté la communication initiale de l’entreprise, qui présentait les opérations contestées comme une anomalie récemment identifiée. Ils soulèvent notamment la question du niveau de connaissance des dirigeants et de leur responsabilité dans les choix techniques ayant influencé la rémunération de Phia.

L’entreprise conteste certaines conclusions de l’enquête. Les informations publiées ne constituent pas une condamnation judiciaire de ses fondatrices.

Des revenus en forte baisse après la désactivation des fonctionnalités contestées

Les conséquences économiques de cette affaire apparaissent particulièrement importantes à la lumière des données internes obtenues par Bloomberg.

Avant la suppression des mécanismes contestés, Phia enregistrait environ 80 000 dollars de revenus quotidiens moyens. Après leur désactivation, ces revenus seraient tombés dans une fourchette comprise entre 10 000 et 28 000 dollars par jour.

Cette diminution représente une contraction comprise entre 65 % et 87,5 % des revenus quotidiens, selon le niveau retenu dans la nouvelle fourchette. Elle soulève des interrogations sur la part des revenus précédemment enregistrés qui provenait d’interactions commerciales réellement générées par les services de Phia.

Une analyse interne mentionnée dans l’enquête estimait également qu’environ 51 % de la valeur des marchandises dont Phia revendiquait les ventes en juin 2026 était associée aux pratiques d’attribution automatique contestées.

La société rejette toutefois cette estimation, affirmant qu’elle reposait sur une méthodologie incorrecte. Elle précise également que la baisse de ses revenus ne peut être entièrement attribuée à la suppression des fonctionnalités mises en cause, puisqu’elle avait simultanément interrompu d’autres mécanismes de monétisation.

Il reste donc nécessaire de distinguer les chiffres observés des conclusions pouvant en être tirées. Les données suggèrent une dépendance financière importante à l’égard des mécanismes désactivés, sans permettre d’établir définitivement le montant total des commissions indûment perçues.

Cette situation révèle néanmoins une difficulté fondamentale pour les entreprises numériques. Une croissance rapide du chiffre d’affaires ne renseigne pas nécessairement sur la solidité du modèle économique lorsque les mécanismes de génération des revenus ne sont pas suffisamment transparents.

Une réputation mise à l’épreuve malgré des millions de dollars levés

Avant cette controverse, Phia bénéficiait d’une visibilité remarquable dans le secteur technologique américain. La société avait attiré plusieurs dizaines de millions de dollars de financements auprès d’investisseurs reconnus, notamment Kleiner Perkins et Khosla Ventures, ainsi que de personnalités comme Hailey Bieber.

Selon les informations publiées par Business Insider, les financements cumulés de l’entreprise atteignaient environ 43,5 millions de dollars en 2026. Cette capacité à mobiliser des capitaux témoignait des attentes importantes suscitées par son positionnement dans le commerce électronique et les services numériques aux consommateurs.

Les révélations concernant les commissions d’affiliation introduisent toutefois une nouvelle dimension dans l’évaluation de l’entreprise. Pour les investisseurs, la question ne se limite plus à la croissance du nombre d’utilisateurs ou à l’augmentation des revenus. Elle concerne également la qualité de ces revenus, leur origine et leur conformité aux accords conclus avec les partenaires commerciaux.

La notoriété de Phoebe Gates contribue à amplifier l’attention portée à l’affaire. Fille de Bill Gates, cofondateur de Microsoft et l’une des figures les plus connues de l’industrie technologique mondiale, elle avait entrepris de construire sa propre carrière dans l’entrepreneuriat numérique.

Cette filiation ne constitue pas une preuve de responsabilité dans les pratiques reprochées à Phia. Elle explique cependant en partie l’intérêt médiatique suscité par les activités de l’entreprise et par les difficultés auxquelles ses dirigeantes sont désormais confrontées.

En réponse aux accusations, Phia a annoncé un examen des transactions concernées ainsi que des mesures destinées à corriger les commissions incorrectement attribuées. La société a également évoqué le recrutement d’un responsable de la conformité afin de renforcer ses contrôles internes.

Ces démarches devront permettre de déterminer si les corrections effectuées sont suffisantes pour rétablir la confiance des partenaires commerciaux et sécuriser les activités futures de l’entreprise.

Quel avenir pour l’entreprise de la fille de Bill Gates ?

L’avenir de Phia dépend désormais de sa capacité à restaurer la crédibilité de son modèle économique. Les fonctionnalités contestées ont été supprimées et l’entreprise affirme poursuivre ses activités tout en procédant aux ajustements nécessaires.

La première difficulté concerne ses relations avec les plateformes d’affiliation et les commerçants. Ces partenaires doivent pouvoir vérifier que les commissions versées correspondent à des transactions réellement générées par les services fournis.

La deuxième concerne ses investisseurs. Une entreprise valorisée sur la base de ses perspectives de croissance doit être capable de démontrer que ses performances financières reposent sur des revenus fiables et reproductibles. Lorsque des mécanismes de rémunération contestés représentent potentiellement une part importante de l’activité, la question de la valorisation et de la transparence financière devient centrale.

La troisième concerne la responsabilité de ses fondatrices. Les messages internes rapportés par Bloomberg soulèvent des questions auxquelles les explications publiques de Phia n’ont pas entièrement répondu. La connaissance préalable de certaines fonctionnalités, leur maintien pendant plusieurs mois et les décisions ayant conduit à leur désactivation constituent autant d’éléments susceptibles d’intéresser les partenaires commerciaux et les autorités compétentes.

À ce jour, les informations disponibles ne permettent pas d’affirmer que Phoebe Gates ou Sophia Kianni ont été condamnées pour fraude, ni que Phia a cessé ses activités.

L’affaire dépasse toutefois le parcours personnel de la fille de Bill Gates. Elle met en évidence les faiblesses potentielles d’un modèle économique dans lequel des opérations informatiques invisibles pour les consommateurs peuvent déterminer l’attribution de revenus commerciaux importants.

Dans un secteur technologique où la croissance rapide et les levées de fonds occupent une place centrale, cette controverse rappelle que la crédibilité d’une entreprise repose également sur la transparence de ses pratiques, la fiabilité de ses revenus et la responsabilité de ses dirigeants.

Pour Phia, le défi consiste désormais à démontrer que son activité peut prospérer sans les mécanismes qui ont provoqué cette crise de confiance.

NBSInfos.com

roi makoko

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