Malgré les accords signés à Washington et les discussions en cours à Doha (Qatar), la situation sécuritaire demeure explosive dans l’Est de la République démocratique du Congo. Invité de TV5 Monde lundi 9 février soir, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a estimé que l’absence de paix sur le terrain est due à la volonté du président rwandais Paul Kagame, qu’il qualifie sans détour de “père du M23”.
Interrogé sur le contraste entre les engagements diplomatiques et la persistance des combats, le porte-parole du gouvernement congolais a expliqué que la dynamique de paix “contrarie les intérêts économiques” du Rwanda, accusé de tirer profit du pillage des ressources minières congolaises.
“La vraie motivation de cette guerre, c’est le pillage”
Patrick Muyaya a insisté sur le fait que la guerre menée dans l’Est de la RDC n’est pas un conflit idéologique ou sécuritaire, mais une guerre économique, motivée par l’exploitation illégale des minerais congolais.
« La vraie motivation de cette guerre, c’est une guerre de pillage », a-t-il déclaré, accusant Kigali de soutenir le M23 afin de maintenir un climat d’instabilité favorable au trafic et à l’exportation illégale des ressources.
Le ministre estime que l’ensemble des arguments utilisés par Kigali pour justifier sa présence militaire indirecte ou directe sur le territoire congolais ont été “déconstruits” par la communauté internationale.
“Le Rwanda est un régime fondé sur le mensonge”
Le porte-parole du gouvernement a affirmé que le Rwanda a longtemps nié tout lien avec le M23, avant de reconnaître récemment une coordination sécuritaire. Pour Kinshasa, cette reconnaissance constitue un tournant diplomatique majeur.
Patrick Muyaya parle d’un régime “assis sur le mensonge”, et appelle la communauté internationale à tirer les conséquences de ces aveux, notamment sur le plan du droit international.
Dans ses déclarations, le ministre a dressé un tableau sombre de la situation humanitaire. Il a notamment évoqué : plus de 300.000 déplacés ayant fui vers le Burundi, plus de 1 500 morts, environ 12 000 enfants séparés de leurs familles, et une utilisation d’armes non conventionnelles, dont des drones.
Selon lui, la poursuite des violences est directement liée à la stratégie rwandaise de déstabilisation.
Kinshasa attend des actes, pas des discours
Patrick Muyaya estime que la reconnaissance du rôle du Rwanda doit désormais se traduire par des actions concrètes des partenaires internationaux. Il affirme que la RDC a fait sa part dans le cadre des engagements pris à Washington, mais que Kigali “continue ses actions”.
Pour Kinshasa, tant que le Rwanda n’arrête pas son soutien au M23, les processus diplomatiques risquent de rester symboliques.
F. Mulumba





















